Archives pour la catégorie TRIBUNE

Explorez cet espace d’expression libre. Nous vous y faisons part de nos coups de cœur, vous présentons des personnages, des œuvres, des lieux, des évènements, des analyses et des réflexions qui ont attiré notre attention ou aiguisé notre curiosité.

Ferguson et la nouvelle condition noire aux États-Unis

La mort de Michael Brown et les émeutes de Ferguson signalent une évolution de la condition noire-américaine, marquée par l’emprise de l’État carcéral et l’accroissement des inégalités raciales.

Pour en savoir plus :

http://www.laviedesidees.fr/Ferguson-et-la-nouvelle-condition.html

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Mondialisation et standardisation culturelle

Soigneusement camouflée derrière le discours pan-économiste dominant, la mondialisation se donne à voir comme un phénomène de nature essentiellement économique.
Pourtant ce qui confère à la globalisation une grande part de son terrible pouvoir de persuasion et de sa redoutable efficacité, c’est cette sorte de magma idéologique, cette manière de culture dont le phénomène est auréolé et qu’il secrète de pernicieuse façon tout au long de son apparente incontrôlable expansion.

Notons tout d’abord que, sous ses faux airs de modernité, cet agrégat idéologique n’est en fait qu’un nouvel avatar des valeurs centrales du capitalisme classique :
• Une philosophie néo darwiniste (le monde appartient aux plus forts)
• Une philosophie hédoniste de la jouissance immédiate (jouir de l’instant) qui érige l’irresponsabilité sociale  au rang de principe existentiel.

Ainsi, ce discours qui se drape souvent dans les artifices formels du discours scientifique, ou se dissimule derrière de séduisantes philosophies de la passivité, renforce et légitime,  tout autant qu’il l’occulte, ce qui constitue l’essence même du processus de mondialisation : la dictature brutale, implacable et systématique des économies et des cultures « dites développées » (prioritairement celles du monde anglo-saxon) sur les autres.

Dit autrement, la mondialisation est, en même temps , un projet politique et un discours de légitimation de l’ordre des choses imposé par les « maîtres du monde ». Ce discours de légitimation, à son tour, se dédouble, pour les peuples dominés, en  une philosophie de l’impuissance, de la passivité, du désespoir et de la soumission.

Les traits dominants de ce substrat culturel généré par la mondialisation sont :

Le culte forcené de l’argent et l’imposition idéologique systématique d’une vision essentiellement matérialiste de l’existence.
Dans cette perspective, la recherche de l’argent et l’accumulation névrotique de biens matériels constituent le noyau de l’existence des individus et l’unique finalité des actes qu’ils posent dans la vie.
Cette philosophie obsessionnelle de l’avoir (à la frontière de la pathologie mentale) et le remodelage douloureux des relations humaines qu’elle provoque, entraîne dans son sillage un long cortège de souffrances affectives et morales et une déliquescence croissante des rapports interpersonnels dont l’impact mortifère se répercute dans toutes les sphères de la vie sociale ;

L’apologie de l’individualisme dont l’expression paradigmatique est ce culte du corps bardé des scarifications rituelles des grandes marques, devenu à la fois l’ultime bastion du narcissisme, un objet, une marchandise, la cible privilégiée des annonceurs publicitaires et l’esclave docile de l’impitoyable tyrannie des multinationales de la mode ;

Une survalorisation des plaisirs éphémères et de la sexualité perverse dont la conséquence la plus visible est cette pornographie galopante qui envahit peu à peu l’espace télévisuel, le champ de la publicité, le cyberespace de l’Internet et d’une façon générale tout l’univers mental de la société.
Ainsi se diffuse une vision dégradée de la sexualité où l’obscénité devient la pierre angulaire d’une nouvelle morale qui se revendique cyniquement des valeurs de la modernité et de la liberté alors qu’il ne s’agit que de perversité et d’inféodation à l’industrie du sexe, de la pornographie et de la prostitution ;

Le culte à peine voilé de la violence, de la force brute comme mode privilégié de résolution des conflits interpersonnels, qui contribue à la diffusion d’une agressivité quasi-permanente au sein des structures sociales particulièrement chez les jeunes esprits en formation qui subissent de plein fouet cette surexcitation des plus bas instincts humains faisant régresser l’humanité à un état proche de la barbarie des premiers âges.

De fait, en contrepoint de l’impitoyable guerre économique qu’est la mondialisation, une bataille collatérale silencieuse se déroule aujourd’hui dans les coulisses de l’histoire.
Une bataille dont l’objectif affirmé est, pour les maîtres du monde, de s’assurer la maîtrise des facteurs de production symboliques et d’accélérer le processus d’intériorisation idéologique par les peuples asservis de ce rapport de domination et la soumission (la plus volontaire possible) aux règles et aux valeurs qui le fondent.

Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que tout modèle de développement économique, en tant qu’il se fonde sur un système de représentations du monde et sur un projet implicite de société, est d’abord une idéologie en action.

Ainsi, l’objectif stratégique ultime de la mondialisation économique, qui vient en quelque sorte parachever l’œuvre de domination, consiste en la destruction (ou en l’appropriation) méthodique des systèmes culturels (c’est-à-dire des systèmes symboliques élaborés tout au long des siècles par les divers peuples de la terre) afin de bloquer « à la source » toute possibilité d’émergence d’un discours critique alternatif pouvant faire obstacle à la logique capitaliste libérale dominante et à la philosophie et aux valeurs qui en constituent le substrat « moral ».

Le combat fait déjà rage et la cible privilégiée clairement définie : la jeunesse de la terre, les consciences en formation, les décideurs de demain.
Les armes utilisées sont judicieusement dissimulées dans ces magnifiques et très respectables chevaux de Troie que constituent les nouveaux instruments dits de communication (l’Internet, le téléphone cellulaire, la télévision satellitaire etc..) qui servent de vecteurs discrets et terriblement efficaces dans cette stratégie d’asservissement des esprits, de destruction patiente et organisée des repères culturels traditionnels et de restructuration radicale des consciences.
D’où cette volonté acharnée à vouloir nous embarquer dans le train de la modernité et du développement – pour un voyage dont la destination nous est d’ailleurs complètement inconnue-.
D’où cette insistance presque suspecte à vouloir nous intégrer dans la grande toile d’araignée (le nom même est évocateur) des nouvelles technologies.

Car l’étape ultime d’un rapport de domination c’est celle où le dominé s’approprie le discours du dominant l’intériorise jusqu’à le faire sien et consacre par là même sa propre néantisation.
Le pendant culturel de la globalisation économique signifie donc à terme pour la planète la disparition pure et simple de tout l’édifice culturel moral et spirituel  élaboré par les civilisations passées et son remplacement par ce clone arrogant de la tour de Babel mensongèrement baptisé mondialisation.

Le modèle social enfanté par cet abominable projet en est à ces premiers pas, mais les vagissements du bébé qui résonnent bruyamment aux quatre coins de la terre nous édifient à suffisance sur le caractère monstrueux de la créature.

Ainsi, au bout du processus largement amorcé de mondialisation économique on voit poindre le spectre horrible de l’unidimensionnalité du monde, de la standardisation culturelle planétaire.
Même si le discours s’est affiné et se drape souvent dans les oripeaux sémantiques de la modernité, bien que les stratégies se soient considérablement complexifiées et s’articulent souvent de manière perverse avec les prodigieux acquis de la science et de la technique, la barbarie de l’œuvre en cours n’en est pas moins terriblement angoissante.

Car le jour où d’un bout à l’autre de la terre, les hommes, également enchainés, penseront de la même manière, porteront les mêmes habits, nourriront les mêmes rêves, mangeront les mêmes plats, écouteront la même musique (tout cela usiné dans les multinationales high-tech de Big brother); ce jour là l’enfer (qui aura vraisemblablement le sympathique visage d’un méga-supermarché aseptisé et la voix doucereuse d’une hôtesse virtuelle cybernétique) aura ouvert boutique sur notre belle planète bleue.

Claude Ledron.

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La société de consommation

La notion de société de consommation désigne un ordre social et économique fondé sur la création et la stimulation systématique d’un désir d’acheter des biens de consommation et des services dans des quantités toujours plus importantes. Pour entretenir la consommation, les biens consommés sont souvent peu durables, ou même sont produits et vendus dans la perspective d’une obsolescence programmée. La consommation tend alors à dominer la morale1. « Relativiser la croissance économique et la consommation » revient alors à rechercher le « bien-vivre »2.

L’expression est souvent utilisée comme critique de la société moderne capitaliste et médiatique, où le court terme, l’image, la possession et la publicité sont devenus des valeurs apparemment dominantes du système économique, au détriment de l’écologie et des relations sociales.

Genèse

Le terme « société de consommation » est la simplification du terme « société industrielle de consommation dirigée », défini par Henri Lefebvre comme étant l’état du capitalisme d’après la Seconde Guerre mondiale (le Salon des arts ménagers en est le fer de lance au milieu des années 1950).

En France, dans les années 70 et singulièrement en Mai 1968 la diffusion de la société de consommation a été pointée : Le philosophe Jean Baudrillard formalise cette mise en cause dans un ouvrage intitulé La société de consommation, dans lequel il estime que la consommation qui était d’abord un moyen de satisfaire ses besoins primaires est surtout devenu un moyen de répondre à une injonction visant à se différencier des autres, tenant lieu de « morale », créant des relations sociales artificielles et de nouveaux symboles (de richesse ou puissance assimilées à l’accumulation de bien) au profit de consortiums de taille croissante, et au détriment de l’environnement, en hypothéquant le futur de l’humanité.

Description du concept

Est qualifiée de société de consommation une société dans laquelle l’achat de biens de consommation est à la fois le principe et la finalité de cette société. Dans celle-ci, le niveau moyen de revenu élevé satisfait non seulement les besoins considérés comme essentiels (alimentation, logement, éducation, santé…) mais il permet aussi d’accumuler des biens (par plaisir, pression sociale ou publicitaire) et de les utiliser ou juste les montrer (pour des raisons esthétiques ou autres), dépenses que certains jugent superflues4. Son symbole est l’objet « consommable » qui s’use et qu’il faut renouveler, voire l’objet jetable. S’il est possible de produire des objets plus résistants, cela augmenterait leur coût et leur durée de vie, ce qui nuirait alors à la consommation.

Critiques théoriques

Pour les opposants à la Société de consommation, l’idéologie consumériste se résume ainsi : il faut sans cesse créer de nouveaux désirs et le remède à tous ces désirs est de les assouvir. Et pour assouvir ses désirs, il faut gagner suffisamment d’argent pour pouvoir se le permettre. Cela suppose que, dans cette idéologie, tout est mercantilisable et que tous les désirs (sous influence publicitaire) et les efforts finissent par être constamment orientés vers un seul et unique horizon : la consommation.

Certaines critiques insistent sur le fait que cette focalisation sur les biens matériels pose un problème moral et philosophique pour le consommateur, une question concernant la finalité de l’Homme et de la vie terrestre.

D’autres critiques insistent sur les implications concrètes de la consommation, à travers ce qu’elle implique en termes de production, transport et distribution.  La comparaison du niveau de consommation finale avec la capacité terrestre de production de ressources naturelles et d’absorption de la pollution a conduit à l’émergence du concept de surconsommation. L’économiste Daniel Cohen souligne que si la Chine avait le même nombre de voitures par habitants que les États-Unis, elle consommerait la totalité de la production pétrolière mondiale, où que si elle avait la même consommation par habitant, elle devrait utiliser l’ensemble des forêts de la planète. Le mode de développement occidental n’est donc pas généralisable à l’échelle planétaire aussi bien d’un point de vue écologique que de disponibilité des ressources5.

Sur le plan philosophique, la recherche de bien matériels, quête sans fin, pousserait également selon certains au phénomène de surconsommation et s’interrogent sur la différence entre fin et moyens dans notre existence.

Sur le plan scientifique, on évoque l’empreinte écologique de notre consommation : l’essentiel de nos déchets n’est pas traité, certaines ressources naturelles sont en effet épuisées ou en voie de l’être et l’agriculture intensive est un facteur de réduction de la biodiversité.

Sur le plan psychologique, le consumérisme peut entraîner une continuelle frustration (encouragée par les modèles, les jalousies et les désirs alimentés par la publicité) qui engendre mal-être et parfois les comportements agressifs qui en découlent.

Sur le plan social, lorsque la consommation devient la valeur centrale de la société, l’être humain peut devenir lui aussi un « produit » qui doit « savoir se vendre » et qui doit entrer « en concurrence », « en guerre », avec tous et autrui. La cohésion sociale et les valeurs humaines sont alors mises au second plan lorsque ce principe s’applique sur fond de crise économique et sociale entraînant une pression et une détresse morale, voire un isolement social, que même la consommation ne parvient pas à atténuer.

Un autre aspect social est le paradoxe d’Easterlin lié au paradoxe de l’abondance : le bonheur généré par une richesse plus élevée est éphémère, au bout de deux ou trois ans 60 % de la satisfaction liée à celle-ci disparait. Le Bonheur intérieur net stagne malgré l’accumulation des richesses. Selon Daniel Cohen, « ce sont les augmentations de la richesse qui sont le déterminant du bonheur, pas son niveau, quel que soit celui-ci », ce qui donne deux interprétations : soit la consommation est semblable a une drogue, demandant sans cesse des nouveautés à consommer ce qui va à l’encontre des limites écologiques, soit elle est liée à la théorie des « sentiments moraux » développé par les économistes Adam Smith et Albert Hirschman, basé sur la nécessité d’être reconnu par les autres, par vanité et rivalité, impliquant un perpétuel dépassement d’autrui5.

Mouvements critiques

La critique de la société à orientation consumériste est une critique du « tout quantitatif » (productivisme, standardisation, esprit de concurrence agressive) au détriment de la « diversité qualitative » (biodiversité, développement durable, valeurs et dignité humaines, qualité de vie) lorsque la consommation devient alors une finalité en soi, un projet de société au lieu d’être un moyen.

Parmi les principaux mouvements critiques de la société de consommation, citons principalement les altermondialistes (altermondialisme) et leur célèbre slogan « le monde n’est pas une marchandise », une bonne partie des mouvements écologistes (écologisme) ainsi qu’une partie des partis politiques de la gauche qui en critiquent certains aspects.

À ceux-ci s’ajoutent des acteurs critiques qui s’intéressent aux aspects plus particuliers de l’impact de la société de consommation tels que l’excès de publicité dans le paysage (mouvement antipub, associations contre la publicité abusive, la publicité mensongère ou le sexisme dans la publicité).

Apparu plus récemment, le mouvement des décroissants (décroissance), notamment, fait valoir le fait qu’une économie basée sur une croissance exponentielle continue de biens matériels régulièrement renouvelables et l’encouragement à la consommation au-delà des besoins raisonnables, et dont une bonne partie de la production non achetée est jetée, n’est pas compatible avec les limites de la biosphère et l’échéance écologique que représente le réchauffement climatique et proposent de réfléchir à de possibles alternatives viables.

Discussion

La société de consommation a permis l’accès à de nombreux biens et services à un grand nombre d’êtres humains, mais dans un monde fini, elle s’est accompagnée d’une consommation croissante de matière, d’énergie et de ressources difficilement/coûteusement renouvelables. La consommation croissante, voire la surexploitation de ressources naturelles est sources d’une crise environnementale mais aussi énergétique et climatique6.

La société de consommation est le socle autour duquel le monde se construit. La société de consommation sert de vecteur a la société Occidentale. Depuis internet le monde peut voir l’opulence des sociétés Occidentales, nécessairement cette opulence fera naître dans l’esprit du pauvre indien un sentiment de jalousie. Du côté de l’occident nous avons des peuples poussés dans l’opulence par la publicité qui fait naître des faux besoins a ceux qui n’ont plus de besoin. L’injustice du capitalisme c’est que ceux qui ont de vrais besoin n’ont pas accès a la consommation tandis que l’on crée de faux besoins a ceux qui n’en ont plus. La solution c’est la mondialisation. D’une part elle permet aux consommateurs occidentaux de déléguer les taches laborieuse aux pays émergents et d’autre part de consommer des produits moins coûteux car produit par une main d’oeuvre moins cher. Ainsi en Chine par exemple, une classe moyenne de consommateur émerge déjà, et la Chine commence elle aussi a rechercher une main d’oeuvre moins coûteuse en délocalisant en Afrique, en Éthiopie par exemple. L’enjeu de ce phénomène n’est pas seulement le développement économique, la croissance de tout les pays du monde, la société de consommation tend a remplacer la culture nationale par la culture de marque. Peu à peu les cultures nationales sont oubliées, remplacés par l’identité de marque commerciale. Ce mécanisme de destruction des cultures nationales a pour objectif de faire de l’être humain un être universel portés sur la consommation, ne s’identifiant non plus a une culture nationale, une histoire nationale mais bien a une marque commerciale. Ce but de l’universalisation de la consommation est de réduire les différences économiques et identitaires entre les pays, car des voisins identiques s’entendent toujours et la promesse de la paix dans le monde pourra advenir. Ainsi le 20es et ses deux guerres mondiales ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Par contre, nous serions en train d’encourager une conception étriquée de l’humain et de ses valeurs fondamentales, nous serions en train d’échanger notre identité pour du matérialisme en quantité industrielle entraînant l’épuisement de nos ressources naturelles.

Dans l’art

La société de consommation, apparue dans le monde dans les années 1960 a été dénoncé par plusieurs artistes, tels que Erro avec son œuvre Foodscape ou Arman avec La Grande Poubelle.

Le réalisateur italien Pier Paolo Pasolini a déclaré à ce sujet : « Je suis profondément convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nommé la société de consommation7 ».

En 2010, l’artiste Damien Saez dénonce, par l’affiche de son album J’accuse, la société de consommation.

Source : wikipédia

Erro, « Foodscape », 1962, peinture glycérophtalique sur toile, 200 x 300 cm.Musée d’art moderne de Stockolm.

Cette image, peinte à partir d’un collage de photographies publicitaires, organise les aliments selon les lois de la perspective. Devant cette accumulation panoramique de produits alimentaires appartenant au quotidien des americains , le spectateur oscille entre la fascination pour l’abondance et la répulsion pour le goût stéréotypé de cette nourriture industrielle.

[cml_media_alt id='980']Erro_ Foodscape[/cml_media_alt]

 

 

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Livre : les embarras de l’identité

Vincent Descombes, Philosophe. Auteur de l’ouvrage Les Embarras de l’identité, Gallimard, coll. « NRF Essais », Paris, 2013.

Selon le dictionnaire Larousse, l’identité désigne le « caractère permanent et fondamental » d’une personne ou d’un groupe. Or il n’est pas inhabituel aujourd’hui de considérer que nous avons des identités plurielles, produites par l’histoire, les rencontres, la multiplicité des liens que nous tissons. Que signifie alors cette notion paradoxale, tant pour l’individu que pour la collectivité au sein de laquelle il s’exprime ?

 

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western cassoulet sous les tropiques

Nous voila devenus, nous Martiniquais, semblables à ces indiens des westerns à l’eau de colon que nous allions voir le dimanche au cinéma, après avoir ingurgité les louchées de sermons au vinaigre du curé.

Comme des indiens dans une réserve, à nous chamailler pour une  bouteille d’alcool frelaté, un regard de travers ou  une paire de fesses usagées, pendant que les gentils pionniers installent leurs roulottes sur les terres de nos ancêtres.

Nous sommes comme des indiens dans un mauvais western d’Hollywood.

Nos terres ont été empoisonnées par les voleurs d’avenir et les marchands de pacotilles.

Nos femmes se comportent comme des écervelées frivoles qui font les coquettes dans les diligences à la mode ou se disputent les morceaux de chiffons bariolés des magasins des colons.

Nos fils sont devenus des voleurs à la petite semaine qui s’entretuent pour un mulet de fer, une barrette de crack, une poignée d’euros ou juste pour le plaisir de faire gicler le sang.

Nos hommes soupèsent leur virilité dans des bouteilles de rhum tord-cervelle fabriquées par des contrebandiers amis des grands planteurs.

Nos vieux, dans un coin de l’écran, crèvent,  emmurés dans la solitude et la tristesse avec leurs vieilles histoires du passé que plus personne n’écoute.
Pendant ce temps, les gentils visages pâles installent leurs roulottes et plantent leurs chimères d’Eldorado sur les terres de nos ancêtres.

Nous sommes comme ces indiens de la réserve du grand Manitou que nous allions visiter le dimanche au cinéma après avoir ingurgité les louchées de sermons au vinaigre du curé.

Sur le grand écran de l’histoire, dans un nuage de fumée médiatique, notre vie s’effiloche au triple galop.

Jamais l’on ne voit nos visages sombres ni nos têtes crépues, jamais l’on n’entend  nos voix et nos cris, seulement le vacarme des caravanes, la ronde impitoyable du progrès-consommation et les rires des pionniers qui plantent leurs piquets de propriétaires et accrochent leurs barbelés d’acier aux entrailles de notre terre.

Le film maintenant tire à sa fin.

L’indien sauvage se balance au bout de la corde de la civilisation, et nous descendants de nègres d’Afrique, cargaison incongrue du passé, oubliée sur une plage tropicale par un coursier mandaté par Louis le quatorzième, amnésiques, déboussolés et abrutis par les livres d’école du colon, nous sommes en train de trépasser, à tout petit feu, gorgés d’alcool, de chimères, de stupéfiants et de marchandises, piétinés par les sabots  d’acier des supermarchés.
Au journal télévisé, chiffonné, bâillonné,  le shérif du comté, le doigt sur la détente, passe en hélicoptère dans le ciel tricolore et sur la ligne d’horizon de la terre promise, les pionniers utilisent les éperons de leur jolie langue fourchue pour réécrire le scénario de l’histoire,  pendant que se succèdent les publicités ensoleillées, gesticulent les bandits en costumes trois-pièces, s’activent les marchands de pizzas et de Pig-Mac, défilent les interminables rangées de chômeurs subventionnés, se contorsionnent les serpents à sonnettes et paradent les véliplanchistes de carnaval.

Comme des indiens dans un très mauvais western d’Hollywood.

Claude Ledron. [cml_media_alt id='851']Vieil indien[/cml_media_alt]

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Art et engagement…

Depuis la fin des années 1960, la question de la portée politique de l’œuvre littéraire et artistique n’a cessé de se poser, interrogeant sa capacité à concilier enjeux politiques et esthétiques. Dans ce débat qui ne cesse de s’enrichir à mesure que la définition de l’œuvre devient plus complexe, passer par l’exemple et le particulier devient inévitable et nous permet de saisir comment certaines œuvres aboutissent à un équilibre, sinon à une conciliation, efficace.

Pour en savoir plus :

http://www.laviedesidees.fr/Art-et-engagement.html

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Poème : dépliant touristique

Mon pays n’est pas,
Cette doudou d’opérette,
Cette poupée de sable métisse au profil de catin,
Qui se déhanche sans fin
A l’horizon manufacturé de vos fantasmes exotiques.

Mon pays n’est pas,
Cette pom-pom girl tropicalisée,
Cette greluche créole aux accents parisiens,
Enivrée aux effluves publicitaires
Des rhumeries liberticides du passé.

Mon pays n’est pas,
Cette courtisane en madras,
Cette marionnette de marketing,
Empalée sur le sexe-palmier
De vos magazines à la petite semaine.

Mon pays n’est pas,
Cette valetaille à genoux,
Cette figurine de musée colonial,
Enchaînée au piquet du sourire commercial
Derrière les barbelés de vos tours operators de quatre sous.

Mon pays,
N’est pas SEA.
Mon pays,
N’est pas SEX.
Mon pays,
N’est pas SUN.

Ne vous en déplaise !
Pères et mères,
De Christophe Colon,
De Robinson Crusoé,
De Tarzan et Jane.
Frères et sœurs,
Du douanier Apartheid,
Du contrebandier en catamaran,
Du petit pédophile à lunettes,
De la vieille nymphomane en salopette.

Entendez-le bien !
Bouffons de la Compagnie Créole et d’ailleurs,
Oncles TOM et tantes DOM de tous acabits,
Béni-oui-oui en cravates carcans et colliers choux,
Filles de joie en carte bleue, cravaches et culottes en courants d’air,
Croupiers proxénètes,
Croque-mitaines en goguette,
Corsaires et flibustiers nostalgiques,
Détrousseurs de liberté,
Administrateurs de lupanars,
Bâtisseurs de bantoustans.

Mon pays,
N’est pas SEA,
N’est pas SEX,
N’est pas SUN.

Claude Ledron.

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Musique, danse et résistance en Guadeloupe et en Martinique

Dans l’aire géoculturelle caribéenne, il n’est pas rare que la musique ou la danse se voient attribuer une fonction de résistance. Cette fonction peut se comprendre comme un héritage de la période esclavagiste pendant laquelle les musiques et les danses servaient autant à différencier les Africains les uns des autres que les Européens des Africains. Cette notion de résistance est notamment associée aux quadrilles, bèlè et gwoka de Guadeloupe et de Martinique. – See more at: http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=12353#sthash.n9y5dM6H.dpuf

Dans l’aire géoculturelle caribéenne, il n’est pas rare que la musique ou la danse se voient attribuer une fonction de résistance. Cette fonction peut se comprendre comme un héritage de la période esclavagiste pendant laquelle les musiques et les danses servaient autant à différencier les Africains les uns des autres que les Européens des Africains. Cette notion de résistance est notamment associée aux quadrilles, bèlè et gwoka de Guadeloupe et de Martinique.

Pour en savoir plus :

http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=12353

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Identité et diversité culturelle

Selon la définition de l’Unesco, on entend par culture, l’ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social.

La diversité culturelle se manifeste par la reconnaissance des différentes langues, histoires, religions, traditions, modes de vie ainsi que toutes les particularités attribuées à une culture.
« Les humains doivent se reconnaître dans leur humanité commune, en même temps que reconnaître leur diversité tant individuelle que culturelle. » (Edgar Morin)

Comme l’explique Edgar Morin, l’unité et la diversité humaine doivent être liées : en parlant d’unité il ne faut pas oublier ce qui nous différencie et en parlant de diversité ce qui nous lie.

L’unité et la diversité sont indissociables pour permettre aux sociétés modernes d’exister sans conflit. Ce qui nous rassemble nous permet de coexister ensemble et ce qui nous différencie permet aux individus d’exprimer leur singularité, leur particularité.

Pourquoi défendre la diversité culturelle ?

Une langue, une culture, une civilisation qui disparait c’est la disparition irréversible des valeurs qui lui sont associées.

Les cultures sont le patrimoine de l’humanité, il faut les préserver au même titre que l’environnement.

Autres pistes de réflexion :

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L’afaka : l’écriture d’un peuple marron

L’afaka est une écriture inventée il y a un siècle au Surinam pour transcrire une langue créole, issue de l’esclavage et du marronnage. Son histoire à rebondissements est riche d’interrogations historiques, linguistiques et artistiques. – See more at: http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=12373#sthash.RhmBjYOp.dpuf

L’afaka est une écriture inventée il y a un siècle au Surinam pour transcrire une langue créole, issue de l’esclavage et du marronnage. Son histoire à rebondissements est riche d’interrogations historiques, linguistiques et artistiques….

Pour en savoir plus :

http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=12373

L’afaka est une écriture inventée il y a un siècle au Surinam pour transcrire une langue créole, issue de l’esclavage et du marronnage. Son histoire à rebondissements est riche d’interrogations historiques, linguistiques et artistiques. – See more at: http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=12373#sthash.RhmBjYOp.dpuf
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